ÉDITO
NEWSLETTER #1
Il y a quelques années, Tamayouz est née d’un constat simple, presque inconfortable. Celui d’un écart. Un écart entre les récits que nous portons et la manière dont ils arrivent dans les espaces de décision. Un écart entre le talent, indéniable, et la solidité des dossiers présentés dans les fonds d’aide.
À force de participer à des programmes de formation, en Europe comme ailleurs, j’ai mesuré à quel point cet écart ne relevait pas d’un manque de créativité, mais d’un manque d’outils, de structuration, de circulation de l’information.
J’ai aussi compris que cet apprentissage ne devait pas rester individuel.
Tamayouz est donc née d’une volonté très claire: créer un schéma d’entraide. Un espace où des femmes ayant traversé ces parcours puissent accompagner celles qui arrivent. Transmettre sans filtre, sans hiérarchie inutile, avec exigence et lucidité.
Au départ, ce mouvement s’adressait aux femmes marocaines. Puis, avec le programme AYWA, il s’est élargi. Il s’est ouvert à nos sœurs africaines, avec la même conviction qu’un espace de partage gagne en force lorsqu’il se déploie au-delà des frontières.
Au départ, il s’agissait simplement de partager. Des méthodes, des réflexes, des erreurs aussi. Puis, progressivement, le cadre s’est dessiné. Les ateliers, les sessions, les rencontres.
Aujourd’hui, après trois éditions, Tamayouz est devenu une communauté.
Une communauté de réalisateur·rice·s, de producteur·rice·s, de partenaires, d'intervenant·e·s.Une communauté qui ne se limite pas à un programme, mais qui s’inscrit dans le temps. Dans les échanges, dans les collaborations, dans les trajectoires qui se croisent.
Ce qui nous relie reste le même point de départ: l’exigence.
L’exigence dans l’écriture, dans la production, dans la manière de penser un projet dès ses premières étapes. L’exigence aussi dans la façon de se positionner face à une industrie qui, aujourd’hui plus que jamais, demande de la clarté, de la précision et une capacité à dialoguer avec différents contextes.
Cette newsletter est une manière de prolonger ce mouvement.
Partager les avancées des projets. Rendre visibles les parcours. Maintenir un lien actif entre toutes celles et ceux qui ont contribué à construire cet espace.
Tamayouz n’est pas un point d’arrivée. C’est un point de passage et surtout, un point d’appui.
- Lamia CHRAIBI


LAMIA CHRAIBI
Présidente Fondation Tamayouz Cinéma


